L'agenda des IPSO

    L'indépendance, maintenant! PDF Imprimer Envoyer

    Ouvrage collectif sous la direction de Gilbert PAQUETTE, André BINETTE et Ercilia PALACIO-QUINTIN (dir.), « L’indépendance maintenant ! » Montréal, Éditions Michel Brûlé, 2012,

    Résumé du livre.

    Cet ouvrage vise à alimenter le débat sur l’avenir du Québec, au moment même où la conjoncture politique internationale témoigne d’une volonté de prise en charge par les citoyens de leur propre vie collective et de leurs États nationaux. L’indépendance, maintenant!, à l’instar des États généraux de la souveraineté auquel cet ouvrage veut contribuer, vise à remettre l’indépendance au cœur du débat politique.

    Au Québec, l’appui de la population à son émancipation nationale demeure solide. Il importe d’actualiser le projet indépendantiste et d’élargir la réflexion sur ses fondements afin de contribuer à en rapprocher la réalisation. Cela requiert une optique résolument non partisane, comme celle de ce livre.

    Chacun des chapitres campe l’indépendance comme objectif de la nation québécoise dans le contexte d’aujourd’hui, en même temps qu’il la concrétise dans divers secteurs de notre vie collective: la langue française, la culture, l’immigration et la citoyenneté, le territoire, l’autonomie des régions, l’éducation, la recherche et l’innovation, l’économie, la mondialisation, les relations internationales et la constitution.

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    Tel qu'indiqué à la page 244, le complément du chapitre 11 de Daniel Turp sur les projets de Constitution québécoise et de Constitution de la République québécoise.

     
    Et la richesse sociale du diplôme? PDF Imprimer Envoyer

    Trouver l’équilibre
    « La sagesse populaire a compris qu’une société distincte fortement minoritaire en Amérique du Nord ne pourra se développer que si nous avons accès à des travailleurs hautement qualifiés et ayant reçu une formation de première qualité. Les Québécois ont compris qu’il faut trouver un équilibre entre l’effort fourni par l’ensemble des contribuables et celui demandé aux étudiants. » - Collectif de lucides, dont Lucien Bouchard, Robert Lacroix, Joseph Facal et Pierre Fortin, Le Devoir, 2 mai 2012.

    L’argumentaire pour la hausse développé hier dans les pages du Devoir par un certain nombre de personnalités réduit les diplômes à leur apport économique individuel. Il passe complètement à côté des avantages économiques et sociaux collectifs de l’accès universel à une éducation de qualité. Dans un pays riche et développé comme le Québec, la question des droits de scolarité n’est jamais une question de faisabilité. C’est une question de répartition de la richesse et de choix politique.

    Il faut le dire : la force économique du Québec-pays permettra de se doter d’un système scolaire gratuit, alors que la marge budgétaire du Québec-province permettrait tout de même un gel des droits de scolarité. Nous refusons l’argument de la « juste part ». Est-il juste de demander à l’étudiant de payer avant même de devenir un contribuable, le forçant à travailler pour faire ses études, une part qu’il pourra rendre au centuple plus tard en payant, grâce à son éducation, plus d’impôts que la moyenne, au bénéfice de l’ensemble de la société ?

    La fixation canadienne

    On nous ressasse la comparaison avec le Canada et les États-Unis, espérant que le Québec puisse les imiter. On reste les yeux rivés sur l’Amérique du Nord, en oubliant nos amis mexicains qui jouissent de la gratuité scolaire. Le discours économique vante la mondialisation, mais pour le financement de l’éducation on devient myope, restreint au modèle canado-étatsunien. On cite rarement les modèles de faibles droits de scolarité et de gratuité. Outre le Mexique, dans plusieurs pays d’Europe, l’université y est gratuite ou moins chère qu’ici. C’est le cas de la Norvège, la Suède, la Finlande, le Danemark ; bref, tous les pays nordiques, les plus avancés socialement et économiquement de la planète, auxquels s’ajoutent entre autres la République tchèque, la France, la Belgique, l’Autriche, la Suisse, l’Espagne, le Portugal et l’Italie. En cette époque, s’arrêter à cette proximité géographique relève presque d’une forme de repli sur soi.

    La hausse des droits est réductrice de plusieurs façons, même sur le plan économique, car axée sur l’individu et le court terme. De plus, la comptabilité économique a ses limites. Quand des esprits bien formés mettent de l’avant des politiques contre l’intimidation ou la maltraitance, il y a là la poursuite d’un mieux-être collectif qui vaut plus que de l’argent.

    Une vision économique d’ensemble consisterait plutôt à mieux situer le budget de l’éducation dans celui du Québec tout entier. Plusieurs sources de revenus du Québec sont possibles pour financer les collèges et les universités, dont les redevances sur les mines, comme il se fait ailleurs dans le monde.

    … et la myopie provincialiste

    Le problème du sous-financement des universités ne doit pas faire abstraction du cadre fédéral. On oublie trop souvent qu’il provient essentiellement des coupes des transferts fédéraux à l’éducation depuis 1994-1995, transferts payés d’ailleurs par nos impôts. Mais après ces compressions, Ottawa a préféré utiliser notre argent pour s’ingérer dans le champ de l’éducation, sans tenir compte des responsabilités des provinces (Bourses du millénaire, Fondation canadienne pour l’innovation, chaires de recherche du Canada).

    Ces transferts directs aux personnes ont un impact sur le budget du Québec et sur celui des collèges et des universités, en les forçant à payer des subventions d’appariement, des frais indirects, des achats de matériel et de services d’entretien des laboratoires au soin du Québec.

    Le régime fédéral accentue ainsi un déséquilibre fiscal qui nous coûte plus de 800millions par année en créant ce mal-financement. Il y a là amplement de quoi refinancer les universités. Avec les quelque 4,5milliards que représentent les coûts de la défense par année pour le Québec, le choix de l’indépendance se pose clairement dans le dossier de l’éducation comme dans bien d’autres.

    Pour la démocratisation du savoir

    Peut-on se permettre de revenir à l’époque où les riches étaient les seuls à avoir accès aux études ? Les meilleurs emplois sont le fruit d’innovations technologiques. Ils exigent une formation de pointe. Notre meilleure arme dans la mondialisation demeure l’éducation et la formation d’une main-d’oeuvre spécialisée, seul rempart contre les délocalisations.

    Avec son Plan Nord, Jean Charest veut confiner le Québec à l’exportation de matière première. L’avenir est à l’économie du savoir et à de solides secteurs secondaire et tertiaire. Mais notre gouvernement provincial refuse ce levier qu’est l’éducation et abdique sur l’accès aux études comme sur la transformation locale des ressources du Nord.

    Il fait la leçon aux étudiants, mais ne prend pas les moyens budgétaires et politiques pour amener Québécois et Québécoises vers une économie plus compétitive mondialement, plus productive économiquement et socialement.

    ***

    Ont signé ce texte : Angèle Richer, Siegfried L. Mathelet et Gilbert Paquette, appuyés par André Binette, Jocelyne Couture, Micheline Labelle, Andrée Lajoie, Florent Michelot, Ercilia Palacio, Pierre Paquette, membres du CA des Intellectuels pour la souveraineté (IPSO).

     
    L'avenir de Montréal : Indépendance ou déliquescence? PDF Imprimer Envoyer
    Le cas de la métropole montréalaise dans l’optique de la thèse coup de poing de Jane Jacobs publiée en 1980 et dont le Canada anglais ne veut pas entendre parler : THE QUESTION OF SEPARATISM : QUEBEC AND THE STRUGGLE OVER SOVEREIGNITY [1]

    Mise en situation

    Jane Jacobs est d’abord l’auteur de renommée mondiale du livre THE DEATH AND LIFE OF GREAT AMERICAN CITIES publié en 1961 et vendu à des millions d’exemplaires qui a fait d’elle selon un sondage Planetizen [2] (2009) le plus influent penseur de tous les temps dans le domaine de l’urbanité.

    À l’occasion de la première réédition en 32 ans de son livre en version anglaise : THE QUESTION OF SEPARATISM : QUEBEC AND THE STRUGGLE OVER SOVEREIGNITY, paru dans le plus grand silence en 1980 à l’occasion du premier référendum sur la souveraineté du Québec, les IPSO invitent intellectuels et militants souverainistes à redécouvrir la thèse de Jane Jacobs consacrée à l’effet de l’indépendance du Québec sur l’avenir de Montréal, la métropole française de l’Amérique.

    Nous tenterons lors de ce débat d’explorer les questions suivantes :

    • L’argumentaire de Jane Jacobs est-il toujours valable ?
    • Les stratégies gouvernementales et municipales en matière de relations internationales, développement des réseaux de transport continentaux, de développement urbain, de culture, d’approvisionnement énergétique, de communication prennent-elles en compte le potentiel de métropole francophone internationale de Montréal ?
    • Le déplacement vers l’Ouest canadien des pôles de pouvoir décisionnels aux plans de la politique, de l’économie et de la culture contribue-t-il au déclin de Montréal ?
    • Le caractère francophone de Montréal est-il toujours un atout pour le rayonnement de Montréal ?
    • Le projet indépendantiste est-il en mesure de renverser le phénomène de la déliquescence de la vocation métropolitaine de Montréal ?

    Conférenciers

    • Robin Philpot, auteur et éditeur qui a interviewé Jane Jacobs en 2005
    • Robert Laplante,  directeur général, Institut de recherche en économie contemporaine
    • Gilles Sénécal, professeur à l’INRS - Centre Urbanisation Culture Société

    Animation: Gérald McNichols Tétreault, urbaniste, membre du CA des IPSO

    Renseignements : Florent Michelot, (514) 806-1838

    _________________________________________________

    [1] La question du séparatisme : Québec et la bataille de la souveraineté (1981).  La première traduction française de ce livre sera publiée à l’automne 2012.

    [2] http://www.planetizen.com/search/node/jane+jacobs  

     
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