Info-IPSO juin 2018

Dans ce numéro de juin, on trouvera le résultat de l’élection des membres du Conseil d’administration pour l’année 2018-2019, les résumés des interventions des communications présentées au colloque annuel des IPSO sur le bilan des 14 ans de gouverne libéral, ainsi que le résultat du Prix Jacques-Parizeau. Ces événements ont eu lieu à Montréal, le samedi 2 juin 2018, à la SSJBM, Maison Ludger-Duvernay, 82, rue Sherbrooke ouest, Montréal.

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Mars-Avril-Mai 2018

On trouvera dans cet INFO-IPSO une motion de félicitation adressée à la Société Saint- Jean Baptiste, le compte-rendu de la Soirée-débat sur les conceptions de la nation que véhiculent les partis politiques au Québec (9 mars 2018), l’annonce du Colloque annuel des IPSO qui se tiendra le 2 juin 2018, de nouveaux textes de solidarité avec la Catalogne rédigés par les IPSO et par la Coalition québécoise de solidarité avec la Catalogne, ainsi que d’autres nouvelles concernant les OUI-Québec.

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Info Ipso Janvier -Février 2018

Mot du président

L’actualité des derniers mois, en particulier les événements qui se sont produits en Catalogne et en Espagne, s’est avérée riche d’enseignements pour les mouvements indépendantistes actifs dans les pays occidentaux.

La lutte nationale des Catalans, comme celle des Québécois et des Écossais, illustre à quel point des mouvements éminemment démocratiques peuvent tout de même faire face à des groupes d’intérêts n’entendant reculer devant rien pour protéger leur emprise sur les nations minoritaires comme sur leur propre nation majoritaire.

L’élite espagnole, à l’instar de l’élite canadienne, flirte autant avec l’ignorance qu’avec les limites de la démocratie, s’appuyant sur les autres élites occidentales sans jamais sentir la moindre la nécessité de consulter démocratiquement la nation majoritaire. Ainsi les élites françaises, britanniques, canadiennes, espagnoles et autres adoptent plus ou moins aveuglément des positions hostiles sinon agressives à l’égard de tous les mouvements nationalistes nationaux.

Les dernières décennies ont montré que des régimes démocratiques peuvent parfaitement réprimer leurs minorités nationales en allant jusqu’à menacer leurs droits collectifs fondamentaux : le droit d’une minorité d’assurer sa propre survie ainsi que son épanouissement collectif, de contrôler son propre développement afin de lutter contre la discrimination systémique, de contrôler son propre système judiciaire afin de ne pas être soumise aux quatre volontés de la nation majoritaire, de contrôler ses propres
communications afin de jouir d’une information juste et objective en lieu et place d’une propagande plus ou moins subtile.

Entre nations distinctes, partenaires dans un même État, une relation d’égal à égal – malgré la démographie, le partage des pouvoirs et l’économie – est la seule alternative à la relation de domination. Puisque dans ce cas la seule issue est l’effacement de la nation minoritaire par le « nettoyage ethnique ou religieux ou linguistique », la seule option valable pour la minorité devient la recherche de sa propre indépendance.

La répression prônée par le gouvernement espagnol de Mariano Raboy représente une menace vitale à l’encontre des Catalans. Elle traduit un blocage politique qui pousse ces derniers vers la sortie. Il faut espérer que le bon sens démocratique prévaudra chez tous et chacun et que le dialogue aura le dessus sur la répression, quitte à ce que l’Espagne et la Catalogne divorcent.

L ’attitude des pays voisins demeure pour l’instant sous observation. La cr ise catalane/espagnole, dominée par la répression du plus fort, pourrait générer un nouveau printemps démocratique capable d’emporter les régimes occidentaux soumis à leur élite conservatrice. Pour nous, Québécois, ces élites anti-démocratiques doivent être dénoncées sur toutes les tribunes possibles. Un jour proche, les Québécois seront à nouveau conviés à défendre leur voie. Ils apprécieront alors tous les appuis démocratiques qu’ils pourront trouver, y compris chez les communautés majoritaires.

Pierre Serré

Président des Intellectuels pour la souveraineté

Nouveauté bientôt en ligne: la « Bibliographie des IPSO »

Les IPSO publient une bibliographie de textes choisis de membres des IPSO sur la
question nationale et l’indépendance du Québec

Il s’agit exclusivement de textes de membres des IPSO portant sur la question nationale et l’indépendance. La bibliographie comprend quatre parties: 1) les écrits des membres de conseils d’administration des IPSO; 2) les ouvrages collectifs des IPSO; 3) les écrits des membres des IPSO; 4) les écrits des récipiendaires du Prix Jacques Parizeau.

Pour des raisons pratiques, et dans un premier temps, nous avons demandé aux membres des IPSO de nous fournir un maximum de cinq références. La bibliographie voulue « vivante » sera enrichie de références supplémentaires au cours des mois à venir et continuera à évoluer avec le temps.Cette initiative devrait contribuer au rayonnement des intellectuels québécois indépendantistes, sur la scène nationale et internationale.

Compte rendu de la Soirée-débat des IPSO du 15 janvier 2018: Les conceptions de la nation et de l’État nation des partis politiques québécois

Par Jean-René Plante, membre du CA des IPSO

Problématique

Un tel thème évoque en lui-même le sens et la portée des positions des partis politiques quant à l’avenir du Québec. En sous-thème, l’énoncé implique également que ces conceptions se livreront révélatrices des idéologies véhiculées au sein de ces partis qui prétendent dessiner le cheminement futur de la société d’ici. Ainsi, le PLQ a l’habitude de se présenter comme le parti de tous les Québécois en affirmant qu’Être Québécois, c’est notre façon à nous d’être Canadiens, titre de sa Politique d’affirmation du Québec et de relations canadiennes. Qu’en est-il des autres partis? Que disent-ils de la nation et de l’État-nation? Leurs positions sont-elles claires et cohérentes? Reflètent-elles un projet d’avenir?

Claudette Carbonneau, présidente, OUI-QUÉBEC

Guy Lachapelle, PhD, Secrétaire général de l’Association internationale de science politique et professeur titulaire au Département de science politique, Université Concordia

Éric Martin, professeur de philosophie, Cégep Édouard-Montpetit
Gilbert Paquette, chercheur au Centre-laboratoire en informatique cognitive et environnement de formation (LICEF)

Animateur : André Jacob, professeur associé de travail social de l’UQÀM et artiste
Claudette Carbonneau, évoque d’emblée le pénible accouchement de la nation québécoise. Et les diverses conceptions récentes de celle-ci qui se sont succédé auParti Québécois depuis l’apparition de ce véhicule politique.
Durant la phase où le texte de référence est Option Québec, la nation est marquée d’un accent ethnique qui traduit le statut socio-économique inférieur des francophones dans la société québécoise. Un esprit de rattrapage et d’action positive règne et le discours s’adresse d’abord à la population francophone « de souche ». Le chef du parti, René Lévesque, est cependant très sensible aux droits des minorités ainsi qu’au respect des peuples autochtones. C’est pourquoi dès cette époque le mouvement indépendantiste agira pour reconnaître solennellement les 11 nations autochtones. De même les droits de la minorité anglophone seront confirmés dans une sorte de recherche d’équilibre avec ceux de la majorité.

Dans une deuxième phase que peut symboliser la mise en œuvre de la loi 101, l’amélioration du statut des francophones étant pour l’essentiel acquise, la nation québécoise est comprise alors comme une nation civique chez laquelle l’affirmation de l’égalité des droits de tous est centrale. Le Québec du référendum de 95 s’inscrit dans cette perspective reflétant la sensibilité internationale.

Mais vers 2007 une nouvelle donne se fait jour. La montée de l’ADQ, qui relègue un temps le PQ à la troisième place de l’échiquier politique avec une approche moins civique, crée des tensions nouvelles au sein du PQ. Un certain virage identitaire se manifeste. Le tableau se complexifie avec l’apparition de Québec Solidaire, en faveur de l’indépendance du Québec, mais coloré par le multiculturalisme canadien et prêt à laisser certains de ses militants faire un mauvais procès d’intention aux indépendantistes en général sur cette question de l’identité québécoise.

Par rapport à l’avenir de la nation québécoise, le Parti libéral du Québec, généralement au pouvoir dans cette phase, est bien plus préoccupé de s’accommoder à n’importe quel prix du Canada que de résistance. En témoigne le titre de son document sur la question : Québécois, notre façon d’être Canadien. Autrement dit: comment se comporter en parfait appendice canadien.

La Coalition Avenir Québec présente une vision conservatrice de la nation. Elle évacue la reconnaissance du Québec comme nation politique, faisant miroiter le mirage d’un rattrapage économique global du Québec sans leviers politiques nouveaux le rendant possible, rejoignant ainsi le camp de la passivité politique qui est celui du PLQ. Leur horizon commun est le Québec vu comme une région canadienne parmi d’autres.

Claudette Carbonneau conclut en appelant à un dépassement de ce cul-de-sac. La nation québécoise doit faire le plein de toute la force politique de sa population, quelle que soit l’origine de celle-ci. Cela pourrait se faire par l’appropriation par les divers éléments de la société civile d’un projet de constituante québécoise, tel celui prôné par OUI Québec. Et par ailleurs la planète étant entrée dans une phase nouvelle de migrations majeures le Québec ne pourra gagner son combat national qu’en devenant un modèle d’accueil et d’intégration. Il n’y pas d’avenir dans le repli identitaire.

Guy Lachapelle en appelle également à une conception de la nation plus progressiste de la part des partis politiques. Il a l’impression que les quatre partis politiques représentés à l’Assemblée nationale dégagent, collectivement, un relent de l’Union Nationale de Daniel Johnson père en 1962 et de ses positions reflétées dans Égalité ou indépendance.

La CAQ, qui domine présentement dans les sondages, projette la vision d’une sorte de Canada duel tel que fantasmé à l’époque, à l’encontre de tout réel. Cette vision a aussi le défaut de ne pas tenir compte du fait que l’indépendance des états nationaux est loin d’être un concept dépassé.

Le panéliste met l’accent sur les succès rencontrés par le Québec dans les dernières décennies. La situation économique de la majorité francophone, si affligeante au début des années 60, s’est radicalement transformée. La guerre linguistique qui semblait poindre a laissé la place à une paix linguistique fondée sur l’affirmation du français comme langue de l’État québécois. Une nation québécoise civique plutôt qu’ethnique, porteuse d’une authentique fierté nationale qui lui est propre, s’est développée au fil du temps.

Bien sûr des problèmes subsistent, et graves. Le fossé pour les francophones habitant le Québec non métropolitain s’est creusé avec Montréal où ils se sentent étrangers. La réponse collective des Québécois aux problèmes contemporains semble un nationalisme à la fois mou et identitaire. La commission Bouchard-Taylor a tenté de trouver des voies permettant de dégager un meilleur confort dans les relations entre population plus ancienne et nouveaux arrivants. Les difficultés du présent peuvent certainement être dénouées.

Pour Éric Martin, le pays à faire en commun doit reposer sur une dialectique féconde entre la question nationale et la question sociale. Une réponse qui ne tient compte que de l’un des deux facteurs est condamnée à l’échec. C’était déjà la position de la revue Parti Pris dans les années 1960, qui avait su bien saisir l’essentiel de la spécificité québécoise.

Sous cet éclairage, le panéliste se livre à une tournée des partis politiques québécois.

Le Parti Vert, qui évacue complètement la question nationale, n’est pas en mesure d’apporter une solution à la crise québécoise.

Le PLQ et la CAQ se révèlent incapables de penser simultanément les deux questions. Ils refusent l’indépendance nationale et ne remettent nullement en question le système économico-social existant pour lequel ils montrent au contraire un enthousiasme certain. Le plus récemment créé des deux, la CAQ, présente la question nationale comme de la « vieille chicane », ne parle que de rattrapage économique au sein du Canada sans remettre en cause l’ordre politique ou l’ordre économique, préférant entretenir la vision béate d’un Québec devenu Silicon Valley du Nord grâce au projet Saint-Laurent.

Le PQ semble plus prometteur. Il a affronté la question nationale à travers deux référendums. Il est en principe social-démocrate, donc « actif » sur le front social. Mais selon la formule courante, il a tendance à clignoter à gauche tout en tournant à droite. Il s’est tout récemment replié sur un nationalisme de conservation. Le flottement s’est emparé de lui sur les deux questions, sociale et nationale.

QS semble avoir maîtrisé cette dialectique du social et du national. Le parti est en faveur à la fois de l’indépendance du Québec et d’un dépassement du capitalisme. Mais en pratique l’accent est surtout mis sur la question sociale et le parti génère un certain flou par rapport à sa démarche nationale. Il est également un parti essentiellement montréalais, de façon presque caricaturale. Sa fusion avec Option Nationale pourrait raffermir chez lui la nécessaire dialectique du national et du social.

L’intervention se clôt par un rappel de l’horizon actuel : une mondialisation qui se révèle un cul-de-sac et accompagnée d’une crise écologique qui menace globalement l’avenir de la planète. Le panéliste fait la promotion des quatre D pour briser cet embâcle : la démondialisation, la décolonisation dans les rapports entre les pays et les peuples, la décroissance (une nouvelle agriculture durable remplaçant l’agriculture industrielle, l’abandon définitif du pétrole, etc.) et le développement collectif et la coopération comme nouveaux moteurs de l’économie et de la société.

Gilbert Paquette ouvre la dernière intervention en posant trois questions: Où en est la nation? Quelles sont les forces à l’œuvre contre la nation? Comment assumer et réaliser notre projet national?

Il souligne d’abord que le Québec est une société globale, clairement un peuple qui se perçoit comme tel, mais une nation en devenir, en attente, sur la défensive, et ne pouvant compter que sur un demi-État. Cela affecte l’avenir de la nation sur tous les plans : territoire, population. Langue, démocratie, économie, environnement, effacement international où l’identité canadienne et les choix canadiens priment.

Depuis les États généraux de 1967, de canadienne-française qu’elle était, notre nation s’est redéfinie en tant que québécoise, se recentrant ainsi sur le territoire du Québec, adoptant une identité civique plutôt qu’ethnique, passant d’un nationalisme conservateur à un nationalisme progressiste, regroupant désormais en son sein des minorités ethnoculturelles. Une culture de convergence, pourtant nécessaire, est contestée par l’attraction de deux pôles concurrents d’intégration, Canada et Québec.

Les forces agissant contre la nation et l’avènement de l’État-nation au Québec sont de trois ordres: mondialisation, communautarisme, centralisation supranationale. Les forces mondiales du néolibéralisme et de la globalisation poussent dans le sens du rétrécissement de la nation québécoise. Elles travaillent à une uniformisation et une homogénéisation de la population mondiale en dissolvant les nations, leur préférant le communautarisme qui fragmente celles-ci et nuit à l’établissement d’un dialogue national d’où pourraient émerger des projets à l’encontre de l’ordre mondial. On assiste alors à des phénomènes de division plutôt que de convergence au sein de la nation.

Au Québec le phénomène d’effacement national est alimenté par certains choix opérés par les partis politiques, obéissant à des impératifs médiatiques, plutôt qu’à une vision nationale centrée sur le bien commun. Ainsi l’ADQ de Mario Dumont et à sa suite la CAQ de François Legault, autrefois ténors souverainistes, ont choisi d’abandonner pour l’essentiel. Le Parti Québécois remet à 2022 la reprise du débat national. Québec solidaire, centré jusqu’à maintenant davantage sur la question sociale peut-il faire la synthèse avec l’objectif de l’indépendance. Le Québec est à court de projets collectifs, mais une nation peut-elle perdurer sans projet national, sans vrai État national ?

En fait il n’y a pas de sortie possible aux difficultés actuelles sans le recours à l’ensemble des forces présentes au sein de la nation, dans un processus de convergence. C’est ce que visent les OUI-Québec par la proposition d’une démarche constituante s’adressant à toutes les composantes de la société québécoise. En débattant de nos projets de société en lien avec la nécessaire indépendance – c’est aussi l’objectif de mon récent ouvrage Un pays en tête – nous pourrons redécouvrir que, collectivement, nous avons le pouvoir de décider, de changer les choses. Pour que tout redevienne possible.

La vidéo de ce débat est disponible sur les sites suivants :

https://www.youtube.com/watch?v=GMUq9sixhYo

Les conceptions de la nation et de l’État-nation des partis politiques

Prochaine Soirée-débat du 19 mars 2018. Le français au Québec et dans le monde

Problématique

La situation linguistique au Québec a fait l’objet de plusieurs débats publics organisés par les IPSO. Elle a été abordée du point de vue politique, démographique, historique, culturel, identitaire, communautaire ainsi que des impacts respectifs de ces facteurs sur la pérennité du français au Québec. Dans un argumentaire indépendantiste tous ces débats étaient éclairants et ils demeurent pertinents. Mais la perspective indépendantiste ne peut pas faire l’économie des conditions de la reconnaissance de la place du Québec dans le monde, et de la place que nous voulons et pouvons y occuper aux côtés des autres nations qui y exercent leur souveraineté. Pour plusieurs, ces deux questions – la pérennité du Français au Québec et l’implication de ce dernier à l’échelle internationale—sont indépendantes l’une de l’autre, voire se contredisent mutuellement (comme si l’insertion du Québec dans un monde globalisé ne pouvait se faire qu’au prix d’une mise en veilleuse du français).

Nous désirons, au cours de notre prochaine soirée débat, explorer un point de vue différent, selon lequel la vigueur du fait français au Québec serait à la fois tributaire de la capacité pour ce dernier de s’impliquer en français auprès des instances internationales et un atout pour le rayonnement du Québec dans l’espace international. Tributaire, parce qu’une telle implication concrétise et illustre, pour nos concitoyens la valeur et la réelle importance de notre langue dans le monde et donc, la pertinence et l’importance d’en assurer ici la pérennité. Et un atout parce que la présence à l’étranger de nos « ambassadeurs » francophones, qu’ils soient enseignants, étudiants, artistes ou délégués par nos gouvernement, valide et confirme, dans l’espace international, notre capacité et notre volonté d’en faire partie en tant qu’État souverain. C’est la perspective que nous voudrions aborder dans le cadre d’une prochaine soirée débat.

Dans cette optique, les participants à cette soirée débat pourraient, par exemple: 1) faire état de la situation du français dans le monde (le “continent français”, son poids démographique, culturel, économique); 2) évaluer les obstacles susceptibles d’entraver une collaboration avec certains pays ou communautés francophones; 3) inventorier les mesures mises en place par l’Etat québécois dans le but spécifique d’entretenir des relations avec les pays ou les communautés francophones; 4) faire ressortir à partir d’exemples concrets les lacunes ou les avantages mutuels ayant résulté de telles relations; 5) évaluer le rôle et l’influence des associations ou des organisations non gouvernementales dans la diffusion des langues et des cultures; 6) illustrer les avantages que pourraient retirer tous les Québécois en s’affirmant dans leur langue et leur culture dans l’espace des nations qui jouissent de leur souveraineté, et ce, dans le contexte de la mondialisation.

Invités confirmés : Louise Beaudoin, Pierre Curzi, etc.
Animation : Jocelyne Couture, professeure retraitée de philosophie à l’UQAM et

conseillère à l’exécutif des IPSO
Rencontre sur la Catalogne. Rapport.
Par Jocelyne Couture, conseillère au comité exécutif des IPSO

En décembre 2017, Oui-Québec a convié le Comité exécutif des IPSO à une rencontre impromptue sur la situation catalane avec deux représentantes de la coalition qui forme maintenant le gouvernement catalan: Anna Gabriel et Mirea Vehi. Jocelyne Couture a participé à cette rencontre à laquelle participaient aussi, en plus de quelques membres de Oui-Québec, des membres de diverses organisations québécoises ( PQ, BQ, QS, Cercle culturel catalan , MDS).

Sans surprise, la rencontre a surtout porté sur les prochaines élections catalanes (21 décembre 2017) et le contexte sociopolitique dans lequel elles allaient se dérouler: récent referendum contesté manu militari par l’administration espagnole, représailles imposées à la population catalane à la suite de ce référendum, exil de l’actuel président catalan, emprisonnement des membres de son gouvernement, réaction de l’Union européenne, division de l’électorat catalan, etc. Des questions ont été soulevées concernant l‘impact de la position européenne, le capital de sympathie dont jouissaient (ou non) les indépendantistes catalans auprès de la population espagnole et en particulier, des leaders du parti progressiste Podemos. Des parallèles ont été suggérés avec certains aspects de la situation des mouvements indépendantistes québécois. Aux questions posées sur la manière dont nous pouvons maintenant manifester notre soutien à la cause catalane, le directeur du Cercle culturel catalan a invité les participants à la rencontre à signer et à recommander aux membres de nos organisations, de signer la pétition qu’il a mise en ligne et qui avait reçu à ce jour, plus de 2,000 signatures.

► Le drapeau québécois

Par André Jacob, membre du CA des IPSO

Le 21 janvier dernier a marqué le 70e anniversaire de la première levée du drapeau québécois au sommet de la tour du Parlement. Personne n’a souligné cet anniversaire. Le drapeau (ou la bannière, disent certaines personnes en levant le petit doigt, parce que nous ne sommes pas un pays, nous n’avons pas un vrai drapeau). Voilà un symbole de ralliement qui a perdu son sens et sa portée mobilisatrice. Il ne fait plus appel au patriotisme et/0u ne sert plus de levier de l’action populaire. Est-on en train d’en faire une coquille vide? En coulisse, les fédéralistes doivent jubiler. Bientôt, la feuille d’érable rouge pourrait supplanter le drapeau du Québec, comme à l’hôtel de ville de Montréal, et personne ne s’en apercevra… Désolant!

En Catalogne, selon Magi Miret-Mestre, le processus a été inversé depuis 2012 par une valorisation du drapeau non officiel : « Les Catalans ont amorcé une processus de rupture pacifique. Un symptôme évident de cette rupture de légitimité de l’État espagnol fut la diminution progressive dans les manifestations de la présence du drapeau officiel catalan (« la senyera ») et son remplacement par le drapeau non officiel (« L’estalada) qui est le symbole de l’indépendance de la Catalogne et qui est devenu omniprésent ». Miret-Mestre, Magi (2018). « La Catalogne à la croisée des chemins», dans L’Action nationale, janvier, vol. 8, no. 1, p. 26.

Estalada en catalan signifie l’Étoilée. Il semble que l’étoile dans la symbolique catalane aurait été adoptée au début du XXe siècle dans la foulée de l’indépendance de Cuba. Au fil du temps, l’étoile a changé de couleur. Elle a été rouge dans les années d’après- guerre quand socialistes et communistes pensaient la Catalogne comme un territoire progressiste. À la suite de la chute de l’URSS, l’étoile blanche a fini par supplanter la rouge.

Dates québécoises à commémorer à partir de 2019 Par Jean-René Plante, membre du CA des IPSO

Le 10 février devrait être la date la plus importante du calendrier québécois. Il y a trois raisons majeures à cela.

Le 10 février 1763 le gouvernement français d’alors apposait sa signature au Traité de Paris qui disposait notamment du territoire de la Nouvelle-France et avec lui, du fait même de sa population permanente, les deux se trouvant cédés à la couronne britannique. La population coloniale de la Nouvelle-France faisait partie à ce moment de la nation française; cette dernière expression allait fortement s’imposer moins de trente ans plus tard lors des événements de la Révolution française. La cession de 1763 allait avoir des conséquences vertigineuses sur la population restée sur place . Ce peuplement prendrait ainsi divers noms au fil du temps. Il aurait à vivre surtout avec les suites d’une décision sur laquelle il ne fut nullement consulté.

Sur la portion du territoire en jeu appelée aujourd’hui le Québec, la population actuelle se présente désormais sous l’étiquette de « québécoise ». En 1763 le peuplement dont elle est issue fut retranché du jour au lendemain de la nation française. Il ne pouvait pas non plus à cet instant être part de la nation qui venait de l’envahir et de l’agresser au moyen de son armée. Il advint donc nécessairement de cette population qui vivait déjà une existence nationale qu’elle accéda instantanément à un statut de nouvelle nation autocéphale (à moins d’être récupérée dans un délai court par son ancienne métropole, ce qui ne fut pas le cas). La nation appelée aujourd’hui québécoise présente donc cette caractéristique rare : sa date de naissance est connue ; elle est née un jour précis du calendrier, le 10 février 1763. Ajoutons une autre particularité : cela en fait la plus ancienne nation d’Amérique disposant d’un État.

À la suite des événements du Bas-Canada et du Haut-Canada de la fin des années 1830, le gouvernement britannique vota une loi fusionnant lesdites colonies en une seule. Ce projet, mis en œuvre après trois années de régime d’exception de type militaire et voté à Londres en 1840, qui avait été désavoué d’avance par la nation québécoise d’alors à l’occasion d’une gigantesque pétition dès 1823 et le fut à nouveau par d’autres pétitions sans ambiguïté en 1840, fut porté en Amérique par le nouveau gouverneur général Poulett Thomson (pour ses services indignes il fut alors anobli en tant que premier baron Sydenham). Poulett Thomson, dont l’ordre de mission s’accompagnait de marges de manœuvre, choisit de proclamer le Canada-Uni à Montréal le 10 février 1841 pour rappeler aux francophones leur assujettissement. Cette date d’infamie est aussi celle de la naissance camouflée, inavouée, du Canada d’aujourd’hui, qui a préféré mousser comme acte de naissance officiel la date moins controversée du premier juillet 1967, celle de l’entrée en vigueur de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, où l’augmentation du territoire et de la population fut assez négligeable et le nouveau régime dans la continuité essentielle du précédent tout en mettant en place une fédération de façade rendue nécessaire par l’énormité future du territoire visé et à contrôler.

Ces trois raisons militent pour que le mouvement faisant la promotion de l’indépendance nationale du Québec ne néglige pas de commémorer les trois événements les plus significatifs à avoir modelé le parcours unique de la nation québécoise jusqu’à maintenant, tous s’étant produits le même jour, le 10 février.

Les IPSO adhérent à OUI-Québec

Les Intellectuels pour la souveraineté font maintenant partie de OUI-Québec (les Organisations unies pour l’indépendance) et pourront déléguer un membre au conseil d’administration et à l’assemblée générale de OUI-Québec. C’est un grand honneur et ceci contribuera au renforcement de la capacité d’intervention de notre organisation et du mouvement souverainiste en général.

OUI Québec

Le 17 janvier 2008, la Tournée constituante des OUI Québec a organisé une soirée- débat sous le thème: « La constituante : dessinons les contours du pays ! ». Deux membres des IPSO, Daniel Turp, professeur de droit à l’Université de Montréal et Danic Parenteau, professeur au Collège militaire royal de Saint-Jean, ont pris la parole, ainsi que Robert Laplante, Directeur de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) et de la revue L’Action nationale. La présidente et le vice-président des OUI- Québec, Claudette Carbonneau et Jason Brochu-Valcourt, ont animé cette soirée. Pour connaître tous les détails concernant la tournée sur la constituante et les prochains arrêts, voir sur le site

https://www.ouiquebec.org

Micheline Labelle, vice-présidente des IPSO

Info Ipso Novembre-Décembre 2017

Tant que l’indépendance n’est pas faite, elle reste à faire – Gaston Miron

Novembre-décembre 2017

Aux membres et sympathisants des IPSO, vous trouverez dans cet INFO-IPSO deux articles publiés dans les journaux par le conseil d’administration des IPSO portant sur le combat des indépendantistes catalans, la Déclaration publique de solidarité Québec-Catalogne, des informations sur la prochaine Soirée-débat des IPSO (Les conceptions de la nation et de l’État nation des partis politiques québécois, qui aura lieu le 15 janvier 2017), des informations sur de nouveaux livres d’intellectuels québécois qui œuvrent à l’indépendance du Québec, des remerciements à monsieur Pierre-Karl Péladeau pour une subvention accordée aux IPSO. Et enfin, deux rapports publiés par l’IRAI, ainsi que le résumé du colloque international de l’IRAI sur « L’autodétermination des peuples au XXIe siècle : perspectives comparées et internationales » qui a eu lieu le 10 novembre 2017.

► Mot du président

Chères amies, chers amis,

Cette année encore, les Intellectuels pour la souveraineté continuent leur travail d’édification de la cause indépendantiste. Chacun de vous le sait, ce travail en est un de longue haleine. Pour les IPSO, être indépendantiste n’est pas une question de choix, c’est un état qui s’impose à chacun d’entre nous. S’il ne devait en rester qu’une poignée, les IPSO en feraient partie.

Aussi avons-nous repris le collier pour cette nouvelle année, stimulés par les événements se déroulant en Catalogne et en Espagne, mais aussi en Europe. Ce qui se passe là-bas justifie amplement le rôle que se donnent les IPSO, celui de jeter dans les débats publics quelque éclairage sur les grandes questions de l’heure. Notamment celle-ci : l’indépendance est d’abord une question de volonté politique. Elle implique la transformation de celle-ci en termes d’organisation et de contrôle du territoire, l’effectivité. Chacun de ces termes a son importance propre, volonté, organisation et effectivité. Sans volonté et sans organisation, pas de contrôle possible du territoire advenant une proclamation de l’indépendance. Voilà des enjeux sur lesquels nous n’avons pas connu tous les succès espérés. Des enjeux sur lesquels nous avons déjà travaillé mais qui nécessitent encore beaucoup de réflexion.

C’est donc avec ces objectifs en toile de fond que les IPSO mèneront leurs activités au cours de 2017-2018. Chacun est convié à participer à ces efforts en prévision du prochain chapitre de la conquête de notre liberté nationale. S’il n’existe aucune assurance quant à la réalisation de notre objectif, les IPSO restent profondément déterminés à vaincre l’adversaire et faire advenir l’indépendance.

Pierre Serré
Président des Intellectuels pour la souveraineté

Une première publication des IPSO sur le référendum catalan du 1er octobre 2017

Titre : Courageuse Catalogne. Respectons son droit à l’autodétermination

L’article, signé par les membres du CA des IPSO, a été publié dans Le Devoir, Le Monde et sur le site des Artistes pour la paix.

Vous pouvez trouver le texte à l’adresse suivante :

https://www.facebook.com/LesIPSO/?hc_ref=ARRN4mPoz1s1ffxcfiUJ1EGKx3ppecrx6yvxybFhcHI T3aHb3MAVxB0PVsUn5jCMxOQ

Sur notre site : http://ipsoquebec.org/2017/10/06/courageuse-catalogne-respectons-son-droit- a-lautodetermination/

Et notre Twitter: https://twitter.com/Les_IPSO

Sur le site du quotidien français Le Monde, sous le lien: http://www.lemonde.fr/acces-%20restreint/idees/article/2017/10/06/d67e26626bab0b85f0cbd37cd7fdabfa_5197167_3232.html

 

 

Une seconde publication des IPSO sur le référendum catalan du 1er octobre 2017 dans le Huffingtonpost Québec

Titre : C’est à nul autre qu’au peuple catalan de décider de son avenir

 

La Déclaration des IPSO lue par Joël Côté dans le cadre du Rassemblement de solidarité Québec-Catalogne, 18 novembre 2017

Déclaration de soutien à la Catalogne Les Intellectuels pour la souveraineté

Fondé en 1995, l’organisme « Les Intellectuels pour la souveraineté », ou IPSO, constitue un regroupement d’intellectuels en faveur de l’indépendance du Québec. Solidaires avec les peuples minoritaires démocratiques et pacifiques, les IPSO appuient leur droit à l’autodétermination.

Nous tenons à souligner le caractère pacifique et démocratique du processus suivi par la Catalogne, ainsi que ses appels au dialogue adressés à l’État espagnol : dialogue essentiel à la paix et au respect de la minorité nationale catalane.

Pour les IPSO, la crise actuelle tire ses racines des rapports politiques Catalogne-Espagne préjudiciables à la Catalogne parce qu’inégalitaires et inéquitables; ce motif a conduit la Catalogne à revendiquer des rapports égalitaires entre les deux nations. Si la solution n’est pas nécessairement l’indépendance, elle doit par contre passer par l’autodétermination du peuple catalan et par le respect de sa volonté démocratique.

Les revendications catalanes durent depuis des décennies. En 2010, la dynamique Madrid/Barcelone s’est transformée quand la Cour constitutionnelle y est allée d’un jugement profondément hostile à la nation et à la langue catalanes. Ce jugement fut suivi d’un référendum consultatif sur la souveraineté en 2014, puis de l’élection, en 2015, d’un premier gouvernement indépendantiste. Faute d’entretenir des négociations avec Madrid, Barcelone organisait, le 1er octobre 2017, un second référendum sur l’indépendance, décisionnel cette fois. Au cours de la dernière décennie, Madrid n’a cessé d’adopter une attitude impudente, rigide et sans appel, niant les aspirations de la Catalogue et refusant catégoriquement l’ouverture d’un dialogue constructif. À ce jour, la répression espagnole n’a réussi qu’à envenimer la situation et renforcer la résistance du peuple catalan.

En diabolisant le gouvernement catalan, en l’accusant de sédition, de trahison et de corruption, le gouvernement espagnol a réprimé la démarche démocratique d’une partie de ses citoyens. Le recours à la force policière, l’intimidation, les arrestations et les emprisonnements avaient une double visée : museler les militants et les militantes et éradiquer les forces vives de la nation catalane.

Cette intolérable répression contre les Catalans indépendantistes se fait en plein jour et en toute impunité, sans menaces aucunes de sanctions de la part des démocraties voisines. Les élites au pouvoir en Espagne semblent agir de concert avec leurs partenaires européens. Cette crise catalane est-elle en train de révéler que l’élite franquiste est toujours bien vivante et dispose de soutiens inquiétants en Europe ?

La répression espagnole aurait dû provoquer un questionnement dans tous les pays européens. Ce lourd silence inexpliqué et inexplicable aggrave la crise catalane. Pourquoi la répression n’est-elle pas condamnée ? Compte tenu des obligations des pays signataires de la Charte des Nations Unies, ne serait-il pas essentiel qu’ils dénoncent la violence au lieu de cautionner la dérive antidémocratique espagnole ?

Honte à l’Union européenne !

Dans les pays dominés par une nation majoritaire, la Constitution et la justice peuvent donner prise à un droit et à une loi du plus fort. Au niveau international, les principes de justice et d’équité énoncés reflètent aussi le droit promulgué par les grandes nations. Malgré cette prépondérance, aucun texte constitutionnel ne parvient à faire disparaître les minorités nationales. En tout état de cause, celles-ci se retrouvent bien souvent du côté des forces sociales et politiques qui obligent les nations majoritaires à respecter tous leurs citoyens, y compris ceux appartenant à des nations minoritaires. Souvent discriminées ou lésées dans leur développement, ces dernières se sont montrées historiquement sensibles envers les injustices collectives et individuelles; conscientes de leurs droits et de leurs intérêts, elles en viennent à réclamer une évolution du droit et une justice réparatrice. Aucune Constitution, aucune Loi fondamentale, aucune formule d’amendement aux exigences impossibles à satisfaire ne sauraient séquestrer ou museler une minorité nationale de façon à l’empêcher de décider de son avenir.

Par conséquent, les IPSO réitèrent leur appui aux forces démocratiques catalanes et espagnoles. Ils dénoncent la violence utilisée pour contrecarrer le processus démocratique catalan et fustigent la politique de sourde oreille visant à étouffer tout dialogue constructif.

Signataires : Les Intellectuels pour la souveraineté du Québec

Pierre Serré, politologue, Micheline Labelle, sociologue, André Jacob, travailleur social et artiste, Philippe Bernard, politologue, Ercilia Palacio-Quintin, psychologue, Jocelyne Couture, philosophe, Jean-René Plante, historien de la littérature, Michel Blondin, mathématicien et consultant, Charles Berthelet, étudiant, Joël Côté, comédien, et Andrée Lajoie, juriste, tous membres du conseil d’administration des IPSO.

La Déclaration du Rassemblement de solidarité Québec-Catalogne, 18 novembre 2017

Le 18 novembre, huit organisations de la société civile (Cercle catalan du Québec, Confédération des syndicats nationaux (CSN), Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Intellectuels pour la souveraineté (IPSO), Mouvement national des Québécois et des Québécoises (MNQ), Organisations unies pour l’indépendance (OUI Québec), Réseau Cap sur l’indépendance (RCI), Société Saint-Jean Baptiste de Montréal (SSJB- M)) ainsi que quatre partis politiques (Bloc québécois, Parti québécois, Québec solidaire et Option nationale) ont lu publiquement et signé une Déclaration publique de solidarité Québec- Catalogne.

Voici le lien Internet direct menant à la plateforme de signature de la Déclaration :

http://www.ccquebec.cat/solidarite/index.php/signez-la-declaration/

Sinon, toutes les informations entourant la Coalition se retrouvent sur le site :www.solidarite.cat

La prochaine Soirée-débat des IPSO : Les conceptions de la nation et de l’État nation des partis politiques québécois

Cette soirée aura lieu le 15 janvier 2018 à 19 heures, Maison Duvernay, au 82, rue Sherbrooke Ouest, Montréal

Problématique

Un tel thème évoque en lui-même le sens et la portée des positions des partis politiques quant à l’avenir du Québec.

En sous-thème, l’énoncé implique également que ces conceptions se livreront révélatrices des idéologies véhiculées au sein de ces partis qui prétendent dessiner le cheminement futur de la société d’ici.

Ainsi, le PLQ a l’habitude de se présenter comme le parti de tous les Québécois en affirmant qu’Être Québécois, c’est notre façon à nous d’être Canadiens, titre de sa Politique d’affirmation du Québec et de relations canadiennes.1

Qu’en est-il des autres partis? Que disent-ils de la nation et de l’État-nation? Leurs positions sont-elles claires et cohérentes? Reflètent-elles un projet d’avenir?

Invités
Claudette Carbonneau, présidente, OUI-QUÉBEC

Guy Lachapelle, Ph.D., Secrétaire général de l’Association internationale de science politique et professeur titulaire au Département de science politique, Université Concordia

Éric Martin, professeur de philosophie, Cégep Édouard-Montpetit
Gilbert Paquette, chercheur au Centre-laboratoire en informatique cognitive et

environnement de formation (LICEF)
Animateur : André Jacob, professeur associé de travail social, UQÀM, et artiste

Un appui financier reçu de Pierre Karl Péladeau
Les IPSO ont reçu une subvention de 3 600 $ de monsieur Pierre Karl Péladeau, à titre personnel, pour combler nos besoins techniques, ce qui nous permettra d’augmenter notre visibilité dans les médias sociaux. Nous le remercions chaleureusement de ce précieux soutien.

Quatre nouvelles publications d’auteurs indépendantistes
Éric Martin (2017). Un pays en commun. Socialisme et indépendance au Québec,

Montréal, Les Éditions Écosociété.

Eric Martin est professeur de philosophie au Cégep Édouard-Montpetit. Il est l’auteur d’Université inc. (Lux Éditeur, 2011, avec Maxime Ouellet), a co-dirigé La tyrannie de la valeur (Les Éditions Écosociété, 2014) et Les racines de la liberté (Les Éditions Nota bene, 2014).

Gilbert Paquette (2017). Un pays en tête, Montréal, Les Éditions du Renouveau québécois.

 

Gilbert Paquette est chercheur au Centre-laboratoire en informatique cognitive et environnement de formation (LICEF). Auteur de nombreux ouvrages, il a aussi servi comme député (1976-1985) et comme ministre de la Science et de la Technologie du Québec (1982-1984). Il a été président des IPSO (2008-2012) et en est toujours membre.

Charles-Philippe Courtois (2017). Lionel Groulx. Le penseur le plus influent de l’histoire du Québec, Montréal, Les Éditions de l’Homme.

Charles-Philippe Courtois est un historien québécois. Docteur en histoire de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’UQÀM, il enseigne l’histoire au Collège militaire royal de Saint-Jean, où il est professeur agrégé. L’auteur est intervenu à plusieurs reprises dans les débats concernant l’enseignement de l’histoire, notamment à travers des articles, des chapitres de livres, un rapport de recherche de l’Institut de recherche sur le Québec. Il dirige la section «Anniversaires historiques» de la publication annuelle L’État du Québec.

Jean-Martin Aussant (2017). La Fin des exils, Montréal, Atelier 10.

Économiste, musicien et homme politique québécois, Jean-Martin Aussant a été élu député avant de fonder son propre parti souverainiste, Option nationale

Deux publications d’experts nationaux et internationaux de l’IRAI

Nina Caspersen et al. (2017). Rapport sur le référendum d’indépendance catalane. Une évaluation du processus d’autodétermination, Montréal, IRAI, Rapport du groupe international d’experts, Rapport no. 1. https://irai.quebec/publications/rapport-experts-catalogne/

Turp Daniel et al. (2017). Une étude sur les processus constituants et les indépendances nationales : perspectives internationales, comparées et québécoises, Montréal, IRAI, Étude no. 1.

https://irai.quebec/wp-ontent/uploads/2017/11/Etude_Processus_Constituants.pdf

Le colloque international de l’IRAI, 10 novembre 2017 (IRAI Québec)

Titre :« L’autodétermination des peuples au XXIe siècle : perspectives comparées et internationales »

 

Une douzaine d’experts issus du milieu universitaire international ont présenté des communications sur le droit des peuples à disposer d’eux-même à la lumière du droit, de la philosophie, de la science politique, de la sociologie et de l’histoire.

On peut visionner les interventions sur le site de l’IRAI et lire les résumés des communications.
https://irai.quebec/wp-content/uploads/2017/06/Programme.pdf

 

Les textes des communications devraient bientôt être accessibles sur le même site. Les actes seront publiés.

On peut également lire sur ce site le mot d’ouverture prononcé par Daniel Turp, ainsi que le texte de sa communication sur « Les processus constituants et les démarches indépendantistes : une juxtaposition limitée et un impératif démocratique » et visionner le diaporama qui accompagnait la présentation.

Le colloque a fait l’objet de deux articles publiés dans le journal Le Devoir : Daniel Turp, le 7 novembre 2017 : « De la grandeur et du destin du principe d’autodétermination des peuples »

Allocution d’ouverture. William F. Danspeckgruber, Princeton University, United States.
Expert en diplomatie internationale et de crise, Wolfgang Danspeckgruber a examiné l’autodétermination des peuples sous l’angle des relations internationales. Son allocution d’ouverture a permis de mieux comprendre l’enjeu de la reconnaissance internationale auquel font face la Catalogne et le Kurdistan irakien, notamment. Il ne s’agit pas d’un concept réductible à ses dimensions juridiques. D’autres dimensions, philosophiques, identitaires et transnationales (diasporiques), concernent des communautés dans le monde. Ce concept renvoie à un Nous qui affirme vouloir déterminer sa destinée. L’autodétermination concerne également la reconnaissance del’identité par la communauté internationale. Elle devrait être acceptée par le Conseil permanent des Nations Unies.

Séance 1. Autodétermination des peuples: perspectives politiques et philosophiques
Du rationalisme au pragmatisme : une véritable transformation dans la théorie de l’autodétermination ?

DAVID HALJAN, Katholieke Universiteit Leuven, Flandre

Qu’est-ce qu’un peuple ?
ALAIN DIECKHOFF, Sciences-Po Paris, France

Séance 2. Autodétermination : émergence d’un nouveau droit
Le renouveau procédural du droit international de l’autodétermination des peuples
EMANUEL CASTELLARIN, Université de Strasbourg, France

Le statut constitutionnel du droit de décider

MARTHE FATIN-ROUGE STEFANINI, Université d’Aix-Marseille, France

Le « droit de décider » : un droit constitutionnel dans les États démocratiques

MERCÈ BARCELÓ I SERRAMALERA, Universitat Autonoma de Barcelona, Catalogne

Séance 3. Audétermination : émergence d’un nouveau droit ?
Qu’est-ce que la loi a à voir avec cela ? Les référendums sur l’indépendance et le réalisme en relations internationales
MATT QVORTRUP, Coventry University, Angleterre

Les processus constituants participatifs et le droit de décider

JAUME LÓPEZ HERNANDEZ, Université Pompeu Fabra, Catalogne

Entre deux unions : l’Écosse et la politique de l’indépendance

NICOLA MCEWEN, University of Edinburg, Écosse

Séance 4. Autodétermination des peuples autochtones
Droits autochtones ou indépendance nationale ? Les voies de l’autodétermination dans les territoires français d’Océanie
NATACHA GAGNÉ Université Laval, Québec
Trois grands défis de la libre détermination des peuples autochtones en Amérique latine
RAQUEL YRIGOYEN FAJARDO, Pontifical Catholic University of Peru, Pérou (absente du colloque faute d’avoir pu obtenir un visa).

Le statut constitutionnel du droit de décider

MARTHE FATIN-ROUGE STEFANINI, Université d’Aix-Marseille, France

Le « droit de décider » : un droit constitutionnel dans les États démocratiques

MERCÈ BARCELÓ I SERRAMALERA, Universitat Autonoma de Barcelona, Catalogne

Séance 3. Audétermination : émergence d’un nouveau droit ?
Qu’est-ce que la loi a à voir avec cela ? Les référendums sur l’indépendance et le réalisme en relations internationales
MATT QVORTRUP, Coventry University, Angleterre

Les processus constituants participatifs et le droit de décider

JAUME LÓPEZ HERNANDEZ, Université Pompeu Fabra, Catalogne

Entre deux unions : l’Écosse et la politique de l’indépendance

NICOLA MCEWEN, University of Edinburg, Écosse

Séance 4. Autodétermination des peuples autochtones
Droits autochtones ou indépendance nationale ? Les voies de l’autodétermination dans les territoires français d’Océanie
NATACHA GAGNÉ Université Laval, Québec
Trois grands défis de la libre détermination des peuples autochtones en Amérique latine
RAQUEL YRIGOYEN FAJARDO, Pontifical Catholic University of Peru, Pérou (absente du colloque faute d’avoir pu obtenir un visa).

L’autodétermination des Māoris et la politique de la souveraineté contemporaine DOMINIC O’SULLIVAN, Charles Sturt, Australie

► Erratum

Dans le précédent INFO-IPSO, Jocelyne Couture aurait dû être présentée comme conseillère au sein du nouvel exécutif des IPSO.

Rédaction : Micheline Labelle, professeure émérite UQAM, vice-présidente des IPSO

 

 

Info Ipso Septembre-Octobre 2017


Tant que l’indépendance n’est pas faite, elle reste à faire – Gaston Miron

 

Septembre-octobre 2017

Aux membres et sympathisants des IPSO, vous trouverez dans cet Info- Ipso le résumé des communications présentées au colloque annuel 2016, des informations sur le Prix Jacques Parizeau et le nouveau conseil d’administration des IPSO élu à l’Assemblée générale de juin dernier.

Colloque annuel des IPSO, Remise du prix Jacques-Parizeau, Assemblée générale annuelle

Déroulement de la journée du 10 juin 2017

Le colloque annuel des IPSO, l’Assemblée générale annuelle et la remise du prix Jacques-Parizeau ont eu lieu à Montréal, le samedi 10 juin 2017, à la SSJBM, Maison Ludger-Duvernay, 82, rue Sherbrooke ouest, Montréal.

 Colloque: La langue française, facteur d’intégration dans un Québec souverain

Le Comité organisateur:
Pierre Serré, Ph.D. sc.politique, président des Intellectuels pour la souveraineté Micheline Labelle, professeure émérite de sociologie, UQAM, vice-présidente des Intellectuels pour la souveraineté
André Jacob, professeur associé, UQAM, membre du conseil d’administration des Intellectuels pour la souveraineté

Animateur : Claude André, enseignant en science politique

Claude André est politologue et enseignant en science politique au Collège de Rosemont. Son mémoire de maîtrise portait sur le Printemps québécois et les stratégies gouvernementales au Québec. Dans le passé, il a exercé la profession de journaliste culturel (Ici Montréal, Journal Métro) et on l’a vu pendant huit saisons au petit écran en qualité de chroniqueur/débatteur à l’émissionIci et là(canal Vox). Très sensible au rayonnement du français, il a écrit de nombreux articles sur des artistes francophones ainsi que deux biographies sur et avec des vedettes populaires de la chanson en plus de publier des billets politiques dans le Huffington Post et un essai en ligne, «Le sens caché». En 2015, il aété candidat pour la Bloc québécois dans Rosemont-La-Petite-Patrie

Ouverture

Philippe Bernard et André Jacob, membres du CA des Ipso, présentent la journée et les ateliers en remplacement de Pierre Serré, président, et de Micheline Labelle, vice- présidente, tous les deux absents pour raisons de santé. Le premier atelier sera ainsi amputé d’une présentation puisque Pierre Serré devait en être le troisième panéliste. On lui souhaite un prompt rétablissement.

Compte rendu des ateliers par Jean-René Plante, membre du CA des IPSO

Voir : https://www.youtube.com/playlist?list=PLKJE2BRXXjKTeO87V5PmDvtM- YrJWFnPQ
ou sur notre site :http://ipsoquebec.org/category/videos/

Atelier 1. La Loi 101, instrument de normalisation du statut du français ?

Éric Bouchard ,directeur général du Mouvement Québec français.

Entre 2009 et 2012, Éric Bouchard a été chercheur attitré au dossier linguistique pour le député de Borduas, Monsieur Pierre Curzi. Pour ce dernier, il a rédigé ou dirigé trois études, dont deux sur le rôle premier de l’État québécois dans l’anglicisation du Québec. Il a aussi rédigé le projet de loi 593 qui était une refonte complète de la Charte de la langue française. Depuis 2013, il coordonne la table de concertation Les Partenaires pour un Québec français où dix organisations siègent, dont cinq grands syndicats. Il est aussi le Directeur général et porte-parole du Mouvement Québec français depuis mai 2015 et, sous sa gouverne, une partie des actions du mouvement est concentrée sur le financement de la production et la diffusion d’études et de mémoires sur le dossier linguistique. Monsieur Bouchard est connu pour ses nombreuses conférences et formations qu’il donne non seulement dans les universités et les institutions collégiales, mais aussi dans les bibliothèques publiques, les syndicats et les partis politiques.

Titre de communication: Le retour en force du français? Tout y est sauf le courage politique!

Eric Bouchard souligne de prime abord le silence assourdissant actuel à propos de ce qui différencie essentiellement le Québec au sein de son environnement géopolitique : sa langue et sa culture. À la Conquête, la population du Québec, si on exclut le peuplement ancien autochtone, était à 99% francophone. Par rapport à ce chiffre, la situation actuelle manifeste le spectaculaire recul du projet de société élaboré à partir de 1608. Ceci s’inscrit par ailleurs dans un contexte où, parmi les 6 000 langues recensées

présentement dans le monde, il est estimé que la moitié auront disparu dans un siècle. Une donnée peu connue du statut des langues dans le monde est qu’elles sont régulées par les interventions de 389 états. La situation du Québec et de sa Charte de la langue française n’a donc rien d’unique.
Le rôle des institutions publiques, ici ou ailleurs, est de donner du prestige à la langue concernée (on pensera dans le cas québécois aux gigantesques chantiers d’hydro-électricité menés en français grâce à la nationalisation d’Hydro-Québec et qui ont frappé l’imaginaire mondial), d’en étendre de façon générale, au moyen de la législation, le champ d’application dans l’univers du travail et de donner à la langue un pouvoir d’attraction, une capacité à susciter un attachement affectif au sein de la population. Cependant la situation contemporaine au Québec révèle que l’État ne met plus tout son poids à remplir cette triple mission, entraînant en même temps que lui dans cette voie le secteur privé, y compris coopératif. L’exemple le plus récent et le plus spectaculaire, est celui du mouvement Desjardins, qui au nom de la «recherche de clientèle» renonce sans vergogne à ses responsabilités à l’endroit de la société globale, en multipliant les courriels bilingues par exemple.

Frédéric Lacroix, militant 

Né en Alberta, Frédéric Lacroix est titulaire d’un baccalauréat en génie physique, d’une maîtrise et d’un doctorat en génie électrique à l’Université McGill (2001). Il s’intéresse de longue date à la question linguistique et a publié des analyses dans Le Devoir, Le Soleil et L’Action nationale. Il est chroniqueur régulier sur le sujet à L’Aut’Journal. Il a participé à la création de l’Institut de recherche sur le français en Amérique (www.irfa.ca). En 2012, il a fait partie d’une coalition de parents exigeant un moratoire sur l’implantation des programmes d’anglais intensif au primaire (http://www.anglaisintensif.org/).

Titre de communication : L’enseignement de la langue seconde au Québec. Un état des lieux.

Frédéric Lacroix, militant de la langue, est né en Alberta, ce qui explique peut-être l’acuité de son regard sur certains aspects de la situation linguistique actuelle. Il développe l’idée d’une influence majeure de la Loi fédérale des langues officielles sur l’enseignement de l’anglais au secteur scolaire primaire québécois. Au départ il y a un conflit de fond entre l’approche constitutionnelle fédérale, où les droits linguistiques sont rattachés aux individus, et l’approche québécoise, où ils le sont au territoire. À partir de cette contradiction, la loi 101 québécoise a subi tous les assauts imaginables et l’anglais a reconquis subrepticement un espace non légitime. Le droit d’entrée à l’école anglaise a été ainsi élargi. Et même à l’école française on a vu une extension de la place de l’anglais langue seconde. L’école anglaise et, dans une certaine mesure, l’école française, ont remplacé le principe du français langue nationale du Québec par celui du bilinguisme canadien dans les finalités de l’école québécoise. (Un exemple de cette logique à l’école française est l’anglais intensif en sixième année.) La grande ironie de cette situation est que cette obsession de bilinguisation dans une société qui est déjà la plus bilingue du monde en ce qui concerne la connaissance de l’anglais comme langue additionnelle, crée un état des lieux où l’offre d’anglais dépasse la demande réelle naturelle du marché du travail. La place de l’anglais s’en trouve gonflé artificiellement «de l’extérieur».

Par ailleurs, cette bilinguisation ne concerne aucune autre langue à part l’anglais. Il n’y a pas d’offre réelle au Québec pour l’apprentissage d’une autre langue seconde que l’anglais. C’est un tout-à-l’anglais, mais rien pour les autres langues comme l’espagnol, le mandarin, etc.

Sous l’influence des positions fédérales en matière de langue se camoufle ce qu’on pourrait appeler le piège-Trudeau, en réalité une diglossie, laquelle se drape dans le manteau du bilinguisme, c’est-à-dire le processus de remplacement d’une langue par une autre dans une société donnée et qui est en fait un phénomène de passage graduel à un unilinguisme nouveau. On ne s’étonnera pas en conséquence de trouver le financement de Patrimoine canadien en soutien à la SPEAQ, un groupe d’enseignants en faveur de la promotion de l’anglais comme langue seconde au Québec et de toutes sortes d’autres initiatives poussant à la bilinguisation du Québec. Il y a là une stratégie politique qui vise à avoir un impact, non seulement pour élargir la scolarité en anglais au Québec, mais aussi pour restructurer dans un sens canadien l’identité québécoise.

En conséquence il est urgent de libérer le système d’éducation québécois de la loi fédérale des langues officielles, de l’en mettre définitivement à l’abri. Et d’ouvrir en même temps l’école québécoise à d’autres langues que l’anglais, afin d’élargir les horizons québécois à la totalité du monde.

Atelier 2 : La citoyenneté québécoise et son rayonnement dans le monde

L’atelier 2 porta à la fois sur l’état actuel du français au Québec dans le monde du travail et sur la place actuelle du français sur la scène internationale.

Mireille Bénard, Adjointe au comité exécutif de la CSN, responsable du dossier linguistique.

Féministe engagée et syndicaliste depuis les années 1990, Mireille Bénard a présidé le Syndicat des garderies de Montréal puis a été vice-présidente du Conseil central du Montréal métropolitain-CSN, avant de devenir conseillère syndicale. Aujourd’hui adjointe au comité exécutif de la CSN, elle est notamment responsable des dossiers de la langue française, des jeunes, de la santé et de la sécurité du travail, de l’environnement. Impliquée dans sa communauté, Mireille Bénard a à cœur les intérêts des travailleuses et des travailleurs, ainsi que des exclus de la société. Elle milite pour le bien commun et pour un meilleur partage de la richesse.

Titre de communication: Langue française et santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs du Québec

Mireille Bénard illustre comment la «mécanique» de l’application de la langue française (la loi 101 au plan du travail) affecte les personnes immigrantes. Ainsi le non-accès à des traductions de modes d’emploi ou de manuels d’entretien peut même aboutir dans certains cas extrêmes à des … morts d’homme. Elle rappelle que d’après la loi une entreprise doit compter au moins 50 employé-es pour qu’elle soit obligée à la traduction s’appliquant aux outils de travail. Et qu’en-deça de 100 employés, il n’y pas de d’obligation à un milieu de travail essentiellement en français. De plus, la situation de facto au Québec, c’est de voir les droits linguistiques régulièrement bafoués.

Ce sont les personnes immigrantes qui se retrouvent en plus grand nombre dans les situations de travail les plus ingrates, dans le travail le plus à risque, le moins bien protégé. Or, en plus, il faut constater un manque flagrant de communication et de coordination entre les deux types d’organismes gouvernementaux québécois censés assurer la protection des travailleurs, ceux responsables de la santé et sécurité au travail et l’Office québécois de la langue française. Ajoutons à cela que la situation est pour ainsi dire toujours aggravée quand le travailleur immigrant concerné est une travailleuse.

Nathalie Meunier, syndicaliste

Œuvrant depuis 23 ans dans un milieu professionnel multiculturel et majoritairement anglophone à plus de 97 %, elle a plus qu’une bonne expérience des enjeux de la francisation en milieu de travail. Engagée au sein de l’organisation syndicale de l’Association Internationale des Machinistes et Travailleurs de l’Aéronautique (AIMTA), affiliée FTQ, elle cumule plusieurs postes qui lui ont permis d’exprimer par des actions et luttes quotidiennes, sa passion à défendre la langue française et à dénoncer les effets de la pauvreté, de la discrimination et des inégalités. Siégeant au sein du comité de francisation de son entreprise depuis 1999, elle a mené maintes batailles au fil des années afin de faire respecter les droits sociaux collectifs et individuels des travailleurs francophones souvent opprimés face à la mondialisation et au délicat sujet de l’intégration des immigrants en milieu de travail.

Titre de communication: 40 ans après la Charte, sous l’influence de la Mondialisation, est-il toujours possible de travailler en français?

Nathalie Meunier livre un témoignage percutant sur la façon dont les choses se passent dans certains milieux de travail de l’ouest montréalais, dans des domaines comme l’aéronautique, l’automobile, les télécommunications, l’hôtellerie, etc., après 40 ans de loi 101, mais surtout après 20 ans de mondialisation accélérée. Dans beaucoup de PME de ces secteurs, le travail se fait à 99% en anglais. Les droits sociaux québécois y sont malmenés à la journée longue et qui les défend s’expose à être traité de tous les noms. Parmi les plus malmenés il y a évidemment les droits linguistiques. Les travailleurs eux-mêmes peuvent y être peu sensibles, parce que complètement isolés au sein de communautés particulières sur les lieux mêmes de travail. C’est pire encore chez les employeurs, même parfois francophones, qui tendent à faire fonctionner leurs entreprises en tant qu’entités purement anglophones, sauf peut-être en contexte d’exception, lorsqu’à la recherche de contrats gouvernementaux québécois, et où alors on affiche une conformité de façade aux lois linguistiques québécoises. Bref c’est le règne de l’hypocrisie et de la mauvaise foi. La mondialisation mène le bal et le système force les travailleurs à s’ajuster à l’imposition de l’anglais.

Jean-Benoît Nadeau, chroniqueur au quotidien Le Devoir et auteur

Collaborateur au magazine L’actualité, Jean-Benoît Nadeau tient également une chronique sur la langue française et la francophonie au quotidien Le Devoir. Auteur de quelque 1 500 articles et chroniques et récipiendaires de nombreux prix, il a également signé une douzaine de livres, dont un sur l’espagnol, trois sur les Français et deux sur la langue française (Le français, quelle histoire!, La grande aventure de la langue française).

Titre de communication: Le Québec et les francophones qu’on ignore, les réseaux francophones.

Jean-Benoît Nadeau fait un aveu d’emblée: quand il était plus jeune et plus candide, il y a peut-être un quart de siècle, il croyait qu’une langue devait se défendre par ses propres moyens, toute seule. Depuis, enquêtes et expériences lui ont appris que tous les pays régulent la langue, jusqu’à la faire jaillir du sol eux-mêmes, comme Israël.

En ce domaine les pays anglophones ne sont pas à la traîne.
Il s’attarde ensuite au français comme phénomène mondial, pour montrer que si

la situation intérieure du français au Québec génère des inquiétudes, à l’échelle internationale la langue en question connait pratiquement un âge d’or. Elle figure parmi les 8 qui peuvent compter sur au moins 100 millions de locuteurs de langue maternelle. Elle n’est pas en tête de liste comme le mandarin, mais en termes d’influence, elle vient au deuxième ou troisième rang. C’est elle qui a le meilleur rapport entre nombre d’utilisateurs et nombre de locuteurs de langue maternelle. Le quart des enseignants de langue seconde sur terre enseignent le français. M. Nadeau met l’accent sur d’autres aspects spectaculaires du rayonnement international de la langue officielle du Québec. Ainsi les réseaux francophones à l’échelle de la planète abondent, soutenus tant par les gouvernements que par les organismes privés. En ce domaine, l’État et les institutions privées sont en avance sur le quidam québécois, qui affiche une grande méconnaissance des dits réseaux et de leur performance. La langue française, sa situation, son avenir bénéficient donc à l’échelle de la planète du soutien de personnes et d’appareils qu’on pourrait qualifier d’«entreprenants». Si le Québécois «ordinaire» se sent parfois solitaire dans sa bulle linguistique, peut-être est-ce le fruit d’une posture quelque peu négative et nombriliste signalant une méconnaissance de la place occupée objectivement par sa langue.

Commentaire : Micheline Labelle, vice-présidente des IPSO

Les interventions, excellentes, ont surtout ciblé la situation de la langue française au Québec, pourtant langue officielle et supposée commune. Cette situation constitue un obstacle structurel au développement d’une citoyenneté québécoise au sens politique du terme. Il reste à approfondir l’impact de cette situation quant aux trois dimensions de la citoyenneté que sont : 1) l’accès aux droits et aux devoirs; 2) la participation à la communauté politique qui permet le développement d’un sentiment d’appartenance à la nation; 3) l’adoption d’une identité nationale. Un Québec souverain changerait-il la donne en profondeur?

7e Prix Jacques Parizeau

Le prix Jacques-Parizeau a été institué en 2011 par le conseil d’administration des Intellectuels pour la souveraineté et vise à reconnaître l’apport d’un intellectuel pour ses contributions remarquées à l’avancement des connaissances ou des arts au Québec et pour ses prises de positions publiques insignes en faveur de la souveraineté du Québec.

Le jury composé de trois membres du conseil des IPSO a décidé d’accorder le prix 2017 à madame Hélène Pelletier-Baillargeon.

Madame Pelletier-Baillargeon a effectué des études en littérature française, à l’Université de Montréal, puis à Paris, à la Sorbonne et à l’École pratique des Hautes études.

De retour au Québec, elle s’est jointe à l’équipe de rédaction de la revue Maintenant dès sa création en 1962, et en a assumé la direction en 1973-1974. De 1974 à 1981, comme journaliste pigiste, elle a publié des articles dans plusieurs périodiques, dont Le Devoir et La Presse. De 1986 à 1989, elle a rédigé une chronique hebdomadaire dans ce dernier quotidien.

Outre ses activités professionnelles, Hélène Pelletier-Baillargeon a apporté ses contributions à la promotion de la souveraineté du Québec, en particulier comme conseillère politique du ministre de l’Éducation, Camille Laurin, de 1981 à 1983 et par la publication de Le pays légitime chez Leméac, en 1979, une réflexion sur l’avenir politique du Québec.

À titre de biographe, elle est l’auteure, entre autres, de Marie Gérin-Lajoie : de mère en fille, la cause des femmes, publié par Boréal Express en 1985 et qui lui a valu le prix du

gouverneur général et le prix Maxime-Raymond de l’Action nationale, puis d’une monumentale biographie en trois volumes, intitulée Olivar Asselin et son temps, chez Fides en 1996, 2001 et 2010.

Au nom de Pierre Serré, président des IPSO, et des membres du conseil d’administration, je suis fier de remettre à madame Pelletier-Baillargeon le septième Prix Jacques-Parizeau «pour la qualité de son œuvre de journaliste et de biographe et sa contribution à l’histoire des idées au Québec».

Philippe Bernard, 10 juin 2017

Dans le passé, ont été bénéficiaires: Guy Rocher, Pierre Vadeboncoeur, Gilles Vigneault, Jacques Yvan Morin, Louise Beaudoin, Serge Cantin.

Lien prix Jacques-Parizeau http://ipsoquebec.org/?p=393&preview=true

►Élection des membres du CA 2017-2018, lors de l’Assemblée générale

2017 et lors du conseil d’administration du 12 septembre 2017

Pierre Serré, président
Micheline Labelle, vice-présidente Ercilia Palacio-Quintin, registraire André Jacob, secrétaire
Philippe Bernard, trésorier

Autres membres du conseil d’administration :

Charles Berthelet, Michel Blondin, Joël Côté, Jocelyne Couture, Andrée Lajoie, Jean- René Plante

Micheline Labelle, vice-présidente des IPSO

 

Adresse postale
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