Le prix Jacques-Parizeau décerné à Hélène Pelletier-Baillargeon

 

Monsieur Pierre Serré, président des Intellectuels pour la souveraineté (IPSO) annonce que le septième prix Jacques-Parizeau a été attribué à madame Hélène Pelletier-Baillargeon, en témoignage de « la qualité de son œuvre de journaliste et de biographe et sa contribution à l’histoire des idées au Québec».

Hélène Pelletier-Baillargeon a été membre de l’équipe de rédaction de la revue Maintenant dès sa création en 1962 et en a assumé la direction en 1973-1974. De 1974 à 1981, comme journaliste pigiste, elle publié des articles dans plusieurs périodiques, dont Le Devoir et La Presse. De 1986 à 1989, elle a rédigé une chronique hebdomadaire dans ce dernier quotidien.

À titre de biographe, elle est l’auteure de Marie Gérin-Lajoie : de mère en fille, la cause des femmes, publié par Boréal Express en 1985 et qui lui a valu le prix du Gouverneur général et le prix Maxime-Raymond de l’Action nationale, puis d’une monumentale biographie en trois volumes, intitulée Olivar Asselin et son temps, chez Fides en 1996, 2001 et 2010.

Monsieur Serré a rappelé que le prix Jacques-Parizeau, institué en 2011 par le conseil d’administration des Intellectuels pour la souveraineté, «vise à reconnaître l’apport d’un intellectuel pour ses contributions remarquées à l’avancement des connaissances ou des arts au Québec et pour ses prises de positions publiques insignes en faveur de la souveraineté du Québec».

Ipso

Colloque Annuel Des Ipso

Les Ipso vous invitent le samedi 10 juin 2017 à leur journée de colloque, Prix Jacques Parizeau et AGA.

La langue française, facteur d’intégration et de citoyenneté dans le contexte de la mondialisation

9h 15
Atelier 1 – La Loi 101, instrument de normalisation du statut du français ?

Le retour en force du français ? Tout y est sauf le courage politique!
Éric Bouchard, directeur général du Mouvement Québec français
L’enseignement de la langue seconde au Québec: un état des lieux
Frédéric Lacroix, militant
Comment le régime linguistique québécois des cinquante dernières années a déclenché un formidable mouvement d’anglicisation
Pierre Serré, Ph.D. sc. politique, chercheur indépendant
Interventions et questions de la salle : 30 minutes. Claude André, animateur
10h45 -Pause-café 11h00

Atelier 2
La citoyenneté québécoise et son rayonnement dans le monde

Langue française et santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs du Québec
Mireille Bénard, Adjointe au comité exécutif de la CSN, responsable du dossier linguistique
40 ans après la Charte, sous l’influence de la Mondialisation, est-il toujours possible de travailler en français ?
Nathalie Meunier, travailleuse et syndicaliste
Le Québec et les francophones qu’on ignore, les réseaux francophones.
Jean-Benoît Nadeau, chroniqueur et auteur
Interventions et questions de la salle : 30 minutes Claude André, animateur

3h30 à 14h00 – Remise du Prix Jacques-Parizeau 2017
a) Rapport du comité de nomination
b) Présentation du récipiendaire
c) Remise du prix Jacques-Parizeau
d) Mot du récipiendaire
e) Mot de clôture du président

8h30-9h00 Inscription
9h00 Ouverture par le président des IPSO Colloque annuel 2017

9h00-12h30 Colloque Annuel Des Ipso

12h30-13h30 Diner sur place – Prix : 20 $ (10$ pour les étudiants)

13h30-14h00 Remise du prix Jacques-Parizeau

14h-16h Assemblée générale annuelle des membres.

Lieu : Maison Ludger-Duvernay, Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 82, rue Sherbrooke ouest

Pour communiquer avec nous : lesipsoquebec@gmail.com

affiche IPSO 10-06-17

Les quatre 10 : la Contre-commémoration 2017 des IPSO

Qui veut explorer et construire l’avenir doit commencer par faire sa marque dans le rôle de visionnaire du passé, en sachant distinguer dans les moments les plus opaques comme les plus prometteurs de celui-ci ce qui permet de projeter et d’édifier le nouveau souhaitable.

Le Canada peut bien célébrer en 2017 tous les anniversaires qu’il voudra, la tâche québécoise, elle, sera d’interroger les dates véritablement significatives rencontrées tout au long de son parcours historique par le peuple établi depuis 1608 sur les bassins versants du Saint-Laurent, ces étapes qui le conduiront à bien identifier la trajectoire suivie ainsi que celle à privilégier dans les temps à venir.

Les débats organisés par les IPSO en février et avril prochains visent à déterrer la matière première enfouie dans ces moments charnières de l’histoire québécoise. Les intervenants s’affaireront à récupérer ce qui peut être utile à la construction du Québec de demain. Développer une compréhension lucide de ce qu’on a vécu mais aussi de ce qu’on a voulu vivre ouvre la voie à la maîtrise de ce qu’on sera.

Certains événements phares du passé québécois, tenus pour fort connus, n’ont guère été traités avec toute l’attention qu’ils méritaient. La vérité n’est pas particulièrement ce qu’on a préféré croire, feint de croire ou été amené à croire. Elle loge rarement par ailleurs dans le discours idéologique dominant affiché par les États qui furent des vainqueurs faciles à des périodes spécifiques de leur histoire et qui se contentent ensuite de se complaire dans leur autosatisfaction et leurs certitudes.

Ce qui sera offert à un nouvel examen lors des débats proposés par les IPSO, c’est le Québec fondamental, au regard de ses carcans, de ses forces, de ses espoirs, de ses possibles. La commémoration par l’État canadien du 150e anniversaire de l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique est en comparaison de peu de portée.

Voilà pourquoi, si on veut revisiter un passé qui a pesé lourdement mais qui se révèle aussi porteur virtuel d’un avenir émancipé, il vaut mieux participer à nos deux soirées où le réel pourra être sérieusement sondé.

Les deux débats en question seront centrés sur quatre journées qui ont laissé leur empreinte sur le Québec. Quatre 10 du mois, où quelque chose de crucial s’est joué et se joue toujours. Il s’agit du 10 février 1763 (Traité de Paris), du 10 juin 1791 (Acte constitutionnel créant le Bas-Canada et lui conférant une assemblée délibérante), 10 mai 1823 (la grande pétition contre l’Union) et 10 février 1841 (la mise en place du Canada-Uni, en fait du Canada tout court).

Que signifie pour la nation québécoise d’aujourd’hui le 10 février 1763 ? Faut-il continuer à pleurnicher à l’évocation de cette date ? Elle inclut peut-être en elle-même sa propre potion magique d’auto-guérison, son propre remède caché.

L’Acte constitutionnel de 1791 est conditionné par certains des évènements historiques les plus déterminants jamais advenus en Occident : les révolutions américaine et française notamment. Les conséquences démographiques sur le Québec de la première ont dessiné la ligne de vie du pays laurentien pour longtemps.

Les pétitions de la plus sombre époque de notre histoire, les décennies 1820, 30 et 40, en particulier la grande pétition déposée par Papineau et Neilson au parlement de Londres le 10 mai 1823, enregistrent avant 1867 la volonté ferme des Québécois concernant l’avenir qu’ils désiraient.

L’insatisfaction engendrée par un nouveau statut (l’Acte d’Union) imposé de force le 10 février 1841, lequel a été rénové mais tout aussi naturellement prolongé par l’AANB de 1867, se fait toujours entendre depuis dans le malaise politique perpétuellement reconduit du Québec.
Voilà un aperçu rapide des questions que soulèvent les quatre 10. Les IPSO invitent tous et toutes à venir entendre nos panélistes faire parler notre histoire haut et fort.

Jean-René Plante, membre du CA des IPSO, responsable de la Contre-commémoration 2017 et Pierre Serré, président des IPSO.
Soirées débats des IPSO les mardis, 7 février et 4 avril 2017, au 82 Sherbrooke ouest, à 19h.

Lien Facebook de l’évènement : https://www.facebook.com/events/1726333384362840/

Prix Jacques Parizeau 2016

Survol de la carrière de Serge Cantin par Danièle Letocha

Si la figure de l’intellectuel est celle d’un esprit de recherche et de production auquel on peut rattacher des questions et des lignes d’enquêtes précises, alors le professeur Serge Cantin est sans contredit l’un des plus importants intellectuels du Québec.
Avec une formation en sociologie et en philosophie, il était en synchronie avec la pensée de Fernand Dumont dont il est devenu le disciple et l’ami. On lui doit la publication de recueils d’interventions, d’articles et d’entretiens de Dumont. Il a fait partie du Comité d’édition de ses œuvres complètes dont il a signé l’introduction générale. Cette grande édition érudite s’adresse surtout aux chercheurs. À l’autre bout du spectre, il a rédigé une pénétrante préface à l’édition du Lieu de l’homme pour la Bibliothèque québécoise (2005) qui assure la diffusion de Dumont auprès des étudiants et du grand public.
De cet héritage viennent plusieurs des lignes directrices de ses écrits : partant d’une théorie universelle de la culture, il s’est tourné vers le sort de la société québécoise dans un questionnement parfois sévère et inquiet mais toujours engagé.

Les questions qui l’animent depuis 1995 sont toutes liées à la quête du sens pour une nation, une société, un peuple : comment recevoir, porter, critiquer et transformer des traditions. Pour les Québécois, il s’agit de comprendre et de transformer le statut de l’ancienne société canadienne-française. La nation historique et son difficile passage à la modernité font l’objet, dans son œuvre, de plusieurs analyses qui toutes récusent la conception du pacte civique vide de valeur et de durée. Avec des équipes de recherche, il a étudié la brusque sortie du religieux au Québec. Ce qui l’inquiète, c’est que la religion n’est pas remplacée par un autre ciment social, par des valeurs communes puissantes et inspirantes. Pour Serge Cantin, ces problèmes de fondement et de convergence font obstacle au projet de souveraineté.

Depuis 1992, Serge Cantin a publié quatre livres; de plus, il a dirigé et codirigé quatre ouvrages collectifs singulièrement substantiels qui mettent au jour des tensions et des complexités anthropologiques dans la culture québécoise. Son dernier livre, La souveraineté dans l’impasse (P.U.L. 2014) insiste sur la responsabilité des intellectuels. Ainsi, on a pu lire sous sa signature huit textes dans la section «Idées» du Devoir. C’est un penseur qui, à 66 ans, laisse déjà une oeuvre considérable.

Il a démontré un engagement tous azimuts dans le rayonnement des études québécoises : – Déjà en 2002, il avait été nommé écrivain en résidence par la Ville de Lyon.
– Chercheur régulier au Centre d’études québécoises (CIEQ) à partir de 2005-
Titulaire de la Chaire d’études du Québec contemporain à la Sorbonne Nouvelle (Paris III) en 2008-2009
– Membre du C.A. de l’Association internationale des études québécoises (AIEQ) depuis 2010
En Europe, il a créé et maintenu des liens étroits et féconds avec les groupes d’universitaires chargés des études françaises hors de France et a publié avec eux. En Afrique, il a été invité à présenter ses travaux à l’université du Bas-Congo et à l’Université Unikin de Kinshasa (R.D.C.).
Les percées les plus remarquables pour les programmes d’études québécoises, il les a réalisées en Extrême–Orient depuis 2008. En effet, il a été invité à deux reprises à diriger des séminaires annuels à l’Université Hankuk de Séoul en plus d’y prononcer plusieurs conférences. De plus, en 2015, après plusieurs visites concernant le programme d’Études québécoises, il fut professeur invité à l’université Sophia de Tokyo où il a contribué à la traduction japonaise de L’Avenir de la mémoire de Fernand Dumont. Cette traduction vient de paraître chez Hakusuisha à Tokyo, avec une préface de 39 pages de Serge Cantin. C’est donc un important réseau de chercheurs en études québécoises qu’il a réalisé ou consolidé avec des équipes internationales.
Pour terminer, je mentionne que son livre Le philosophe et le déni du politique. Marx, Henry, Platon a reçu le Prix Raymond-Klibansky en 1993 et qu’il est le récipiendaire du Prix Richard-Arès 2014.