Les IPSO dénoncent le racisme systémique qui s’est révélé, encore une fois, lors du décès de Joyce Echaquan

Communiqué de presse
Pour diffusion immédiate

Montréal, le 7 octobre 2020 – Dans une déclaration commune, les Intellectuels pour la souveraineté condamnent les conséquences d’un racisme systémique qui s’inscrit dans une histoire coloniale et esclavagiste instaurée par les régimes français et britannique. C’est cette histoire qui ressurgit aujourd’hui avec le terrible décès de Mme Joyce Echaquan.

Certes, les ressorts de l’esclavage dont on parle ici ne relèvent pas de l’esclavage de plantation comme dans le reste des Amériques et de la Caraïbe, mais l’on ne peut nier les politiques publiques et les lois ségrégationnistes fédérales, comme la Loi sur les Indiens de 1876 qui a inspiré le régime d’apartheid en Afrique du Sud, les pensionnats indiens et l’assimilation forcée des Autochtones, les assassinats ciblés ou encore la surreprésentation des nations autochtones dans le système judiciaire.

Les IPSO dénoncent les conséquences contemporaines d’un racisme qui s’exerce depuis des décennies à l’endroit des Nations autochtones du Canada et du Québec, ces conséquences se manifestant dans la vie politique et les institutions publiques (systèmes de santé, d’éducation, de protection de l’enfance, etc.).

Ils appuient un Plan d’action contre le racisme propre aux Nations autochtones et qui devrait notamment considérer les dimensions suivantes :

  • l’indivisibilité des droits, soit le droit à l’égalité des personnes et le droit à l’autodétermination des peuples autochtones (voir la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones de 2007, article 3) ;
  • les causes historiques et systémiques du racisme, liées au colonialisme, qui expliquent la situation contemporaine des peuples autochtones ;
  • les manifestations du racisme dans les domaines de l’éducation, du travail, du logement, de la santé, des services sociaux, des médias, du système judiciaire, etc. ;
  • les conséquences du racisme sur les conditions de vie des personnes et des nations autochtones ;
  • la nécessité d’appliquer une analyse différenciée des politiques publiques pour évaluer leur impact sur les nations autochtones et d’assurer une formation antiraciste dans les milieux de travail ;
  • les instruments internationaux existants pour la protection des droits des peuples autochtones.

Finalement, les IPSO expriment leur entière solidarité envers la Nation attikamek dans sa volonté de faire reconnaître ce caractère systémique du racisme envers les Autochtones, ainsi que sa volonté de se battre pour que des changements en profondeur surviennent.

À propos des IPSO
Les IPSO ont vu le jour le 21 juin 1995 avec le lancement du manifeste Oui au changement, signé par 100 intellectuel·les québécois·es. En 2020, l’organisation a célébré son 25e anniversaire et a coordonné un numéro spécial de la revue L’Action nationale, intitulé « Soutenir le combat ». Les IPSO diffusent leurs réflexions par le biais de textes collectifs et organisent régulièrement des conférences. Pour en apprendre davantage sur les IPSO, consultez le site www.ipsoquebec.org.

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Contact presse : Micheline Labelle
Professeur émérite de sociologie (UQAM)
Vice-présidente des IPSO
labelle.m@uqam.ca