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Réplique à Claude Morin. Pour sortir de l’emprise de la Constitution canadienne, il faut être prêt à la remplacer unilatéralement si nécessaire
Dans sa réplique du 21 février à ma position présentée dans Vigile les 4 et 17 février, Claude Morin met clairement en évidence ce pourquoi nous tournons en rond depuis 40 ans : le respect à tout prix de la légalité canadienne, cette légalité imposée au Québec unilatéralement, sans aucune consultation du peuple, ni en 1791 (Acte constitutionnel), ni en 1840 (Acte d’Union), ni en 1867 (« Confédération »), ni en1931 (Statut de Westminster) et ni en 1982 (Canada Bill).
Il convient avec moi « qu’il faut mettre des enjeux nationaux qui nécessitent un rapatriement des pouvoirs d’Ottawa au cœur de la prochaine élection ». C’est un grand changement. Car au cours des 8 dernières élections, depuis 1976, le Parti Québécois promettait parfois un référendum pour plus tard, parfois de ne pas en tenir un ou d’en tenir un seulement si on était sûr de le gagner. Cela a eu pour résultat de faire porter tous les débats électoraux, y compris le dernier de 2007 (malgré le programme du PQ de 2005), sur des mesures limitées à un pouvoir provincial de plus en plus évanescent. Les discussions actuelles autour de la marge de manœuvre budgétaire de l’État provincial démontrent encore une fois à quel point le Québec est de plus en plus impuissant à résoudre ses problèmes, pendant qu’un gouvernement fédéral, que nous n’avons pas élu, utilise ses surplus faramineux, tantôt pour rembourser une dette qui n’est pas si problématique, tantôt pour financer des mesures de fidélisation électorale dans les champs de compétence des provinces ou pour financer d’autres priorités, comme l’Afghanistan ou un plan « vert » axé sur les besoins des compagnies pétrolières en Alberta.
Oui, pour sortir de l’impasse budgétaire, réinvestir en éducation et en santé, aider les familles, remédier au désastre forestier, se donner un projet collectif de développement durable et de lutte au chômage et à la pauvreté, il faut rapatrier tous nos moyens autour de notre État national. Mais encore faut-il que l’on se donne collectivement la force de le faire. Car Ottawa ne veut pas. Dans l’esprit des trois-quarts des canadiens-anglais, transférer un seul pouvoir vers le Québec est contre le concept même du Canada fondé sur l’égalité des provinces. On y préférerait au contraire un Canada plus centralisé. Des propositions circulent d’ailleurs en faveur d’une politique éducative « nationale », entendez « définie par Ottawa ».
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