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« À l’échelle planétaire, la coexistence des valeurs antagonistes est possible. Sur un territoire donné, certains éléments culturels de base sont incompatibles. » Emmanuel Todd (1994)
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Dans ce texte, j’essaie de démontrer que, souhaiter en même temps la participation des immigrants et de leurs descendants dans tous les domaines de leur nouvelle société (comme le proposent les approches inter et multi culturelles) sans acculturation, est irréaliste et, à la limite, contre-productif. Pour cela, je fais un bref retour sur la synthèse des travaux de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, afin d’en souligner les limites du cadre paradigmatique dans lequel elle s’est cantonnée. J’élabore ensuite sur les intuitions sociologiques des penseurs de l’École de Chicago en matière de processus migratoire. Je reviens enfin sur les types de gestion canadienne et québécoise de la diversité en en soulignant les limites, les contradictions et peut-être les dangers pour la société québécoise.
1. Les flottements de Bouchard-Taylor
La poussière retombe lentement sur le grand « Circus Québécus »* que fut la Commission Bouchard-Taylor. Chacun, chacune, y est allé de son propos. Qui je te l’encense, qui je te le crucifie. Bref, difficile de s’en faire une idée juste. Ce qui est certain toutefois, c’est que pour les deux sages il n’y avait pas de quoi fouetter un chat. Ils le disent noir sur blanc à la page 13 de leur rapport abrégé :
« … après une année de recherche et de consultations, nous sommes venus à la conclusion que les fondements de la vie collective au Québec ne se trouvent pas dans une situation critique. Si on peut parler d’une “crise des accommodements”, c’est donc essentiellement sur le plan des perceptions. »
* Emprunté à Heinrich Jeff, Dufour Valérie, Circus québécus, Montréal, Boréal, 197 pages
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